Enfants et jeunes rapatriés : quand l'AJRB et l'IRC choisissent de marcher ensemble

AJRB

Il y a une géométrie discrète dans le retour au pays : un cercle qui semblait fermé se rouvre, et il faut réapprendre à y tracer sa place. C'est exactement ce défi que vivent chaque jour les enfants et les jeunes rapatriés au Burundi — revenir, ce n'est pas seulement changer de frontière, c'est reconstruire un point d'équilibre entre ce qu'on a connu ailleurs et ce qu'on retrouve ici.

C'est dans cet esprit que l'AJRB a rencontré une délégation de l'International Rescue Committee (IRC) Burundi, conduite par Monsieur Valère Niyokindi, Manager Plaidoyer du programme pays. Une séance de travail simple dans sa forme, mais dense dans son propos : écouter, comparer les constats, et esquisser ensemble des pistes concrètes.

Les défis des enfants et jeunes rapatriés

Le retour n'efface pas d'un coup les épreuves du déplacement. Sur le terrain, les équipes de l'AJRB observent des difficultés qui se répètent d'une famille à l'autre : l'accès à l'éducation pour des enfants dont le parcours scolaire a été interrompu ou mené dans une autre langue ; l'insertion socio-économique de jeunes qui doivent, souvent sans filet, retrouver un métier, un revenu, un rôle ; et la réintégration psychosociale — cette part moins visible, mais peut-être la plus lourde, du poids que porte quiconque doit se réapproprier un « chez-soi » qu'il a quitté enfant ou adolescent.

À cela s'ajoutent des enjeux de documentation civile, de logement, et d'accès aux soins, qui rendent le chemin du retour plus long qu'un simple trajet administratif. Comme le rappelle une intuition presque physique : un corps en mouvement a besoin d'un point d'appui pour s'arrêter sans être déséquilibré. Pour ces jeunes, ce point d'appui, ce sont les familles, les communautés, et les organisations comme l'AJRB et l'IRC qui choisissent de s'en soucier.

Une collaboration qui se construit

Face à ces constats partagés, l'AJRB et l'IRC ont exploré les voies d'une collaboration structurée : mise en commun des données de terrain, orientation des bénéficiaires vers les services existants, plaidoyer conjoint auprès des autorités et des partenaires techniques et financiers, et appui direct aux initiatives portées par les jeunes eux-mêmes.

L'idée qui a guidé les échanges est simple, presque philosophique : aucune organisation ne peut, seule, répondre à un défi aussi multiforme. Comme en mathématiques, où un problème complexe se résout souvent en le décomposant en sous-problèmes confiés à des expertises complémentaires, la réponse à la réintégration des jeunes rapatriés se construit à plusieurs mains — associations locales, agences internationales, institutions publiques et communautés d'accueil.

Perspectives d'avenir

Cette rencontre n'est qu'un premier jalon. AJRB et IRC entendent poursuivre ces échanges pour transformer les constats en actions mesurables : programmes d'appui scolaire, formations qualifiantes et accompagnement à l'entrepreneuriat des jeunes, espaces d'écoute psychosociale, et renforcement du plaidoyer pour que la voix des enfants et jeunes rapatriés pèse davantage dans les décisions qui les concernent.

Car au fond, accompagner un retour, c'est un peu comme accompagner une renaissance : il ne s'agit pas de revenir au point de départ, mais d'avancer vers une version plus stable, plus outillée, plus confiante de soi-même. C'est ce à quoi l'AJRB continue de s'engager, aux côtés de partenaires comme l'IRC.

Ajouter un commentaire

HTML restreint

  • Vous pouvez aligner les images (data-align="center"), mais également les vidéos, citations, etc.
  • Vous pouvez légender les images (data-align="center"), mais également les vidéos, citations, etc.